≈ Péplum ≈

Un petit bateau de paille apparaît à l’écran. Une large rivière.
Sous un soleil de plomb car en plein désert, de longues colonnes humaines piétinent, foulant à petits pas un sol rougi de leur effort.

De longues et grosses cordes unissent
Dans la mort les hommes du sacrifice.
Des esclaves les muscles affamés
Saillent sous l’épaisse et oppressante sueur
Qui emprisonne leurs maigres corps brimés.
Ridicules pantins de l’horreur !

Ces chenilles de misère et de souffrance sont poursuivies de près par d’énormes blocs de pierre, avides de chair humaine et dont les rouleaux de bois tentent inexorablement de rattraper et de happer leur prochaine victime.

Et les hommes de cuir et de fer frappent, et frappent...

Et Léon joue, et joue...

Comme d’un fait exprès, le terrain se met à monter. Les blocs de pierre ont changé d’avis : il ne désirent plus poursuivre les chenilles souffrantes qui fuient juste devant, mais au contraire se dorer au fond de la cuvette (ainsi protégés du terrible vent des sables qui érode tout de sa ponçante caresse).

Qu’à cela ne tienne, en avant les gars !... Après tout vous êtes ici pour en chier...

La traction se fait plus forte.
La douleur transperce le coeur des tireurs
Sous le regard noir et moqueur des tyrans.
Les pierres redémarrent, la poursuite reprend.

Et régulièrement,
Les monstres minéraux
Prélèvent dans les rangs
Leur du de chair et d’os.

Et les hommes de cuir et de fer frappent, et frappent...

Et Léon joue, et joue...

Les hommes étaient courbés du dos
Dans cette misère qui a du.
Privés de croûte, privés de mie
Pas l’un d’eux ne se rebiffa.
La pyramide sortit du sol
Pour le roi que l’homme adula
Et dont le coeur s’endurcit.

Tout ces hommes sont dans la mouise
Qui ne connaissent encore Moïse.
Dans cette histoire c’est le Râ
Qui vers la mer les gens poussa.

Et les hommes de cuir et de fer frappent, et frappent...

Et Léon coupe la TV !

Jac Lavergne (La Musique Intérieure de Léon Larchet)

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