≈ Sirène ≈

Si les abysses te tendent les bras, refuse leur étreinte.
Plonge ton regard dans l’ombre du soleil et attrape la main qui se tend.

Tes pieds battront l’eau sombre au rythme de ton cœur.
Tu auras mal au corps ; ton crâne menacera de se briser en mille et mille morceaux.
Tu ne sauras plus rien.
Sur toi, sur le tout, sur le monde.
Tes yeux, depuis trop d’heures,n’auront plus de nuage où se poser.

Une sirène de jade effleurera tes cheveux.
Tu auras un sursaut. D’effroi.
Ce pourrait être un monstre ?!
Mais ton regard, bientôt, distinguera les formes rassurantes d’un buste à peau nacrée.
Ton cœur ira moins vite et tes pieds seront plus légers.

Des doigts doux, oh si doux,emprisonneront les tiens.
Ton être sourira. Tu ne le sauras pas encore.
Et tu seras patient.
La muse, de sa main pâle, attrapera le mince rai de lumière qui était là. Juste là.
Que tu ne voyais pas.
Que tu ne voyais plus.

Et elle te tirera, celle qui sera venue te chercher.
Elle te sortira de l’eau sombre et glacée.
Elle te posera sur une plage dorée.
Elle te cajolera, te sèchera, te rassurera.
Du souffle chaud qui passera entre ses lèvres.
De la tendresse de ses bras.
De tout son être.

Et tu l’aimeras.

Tu l’aimeras elle.
Son rire.
Ses larmes.
Sa voix.
Son corps.
Le tien sur le sien.
Le tien sous le sien.
Ses cris lorsque vos désirs iront chercher la lune.

Son être.

Si les abysses te tendent les bras, refuse leur étreinte.
Plonge ton regard dans l’ombre du soleil et attrape la main qui se tend.

La main de ta sirène.


Marou Thin-Yanelli - Musicienne-musicothérapeute à Deux mains Dix doigts



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