≈ Trottoir ≈

Staël (Mélanie Karamazov) écrit et dit des textes dans le cadre de l’association Alternative Poésie implantée à Clermont-Ferrand (63). Cette association a pour objectif de promouvoir la poésie vivante par différents moyens : scènes ouvertes, performances, slams de poésie, lectures, rencontres, festivals, spectacle vivant.



. . . . TROTTOIR

Trottoir, c’est trop tard
Ton entonnoir est sur le point de choir
Et tous ces trous noirs trottoir
Il ne faut plus, les promouvoir

A courir plusieurs lèvres à la fois
Puis, pourrir de fièvre et d’effroi...
Te rends tu bien compte du nombre de lièvres ?
Que tu emploies et qui balèvre

Cher trottoir ta route est longue
et mes jambes tremblent,
Vais-je parvenir sans tirer la langue
A te fouler encore, toi qui me ressemble

Fait de béton et de traces furibondes
Tu accueilles tous les pieds, qui vagabondent
Pour un instant ou parfois quelques heures
On te piétine et sur ta sfalte on pleure

Toi et moi ne faisons qu’un !
Lorsqu’une solitude amère traverse notre chemin
Je m’allonge alors sur ton corps citadin
et laisse un toréador, jouer, de son engin

Mais...... est-ce réellement sérieux trottoir ?
quand au même endroit le lendemain soir
Tu reçois sur ta chaussée toute noire
Une femme en larme, griffée par le désespoir

Trottoir, toi, le macadam, qui, si tu pouvais parler
Nous direz les drames auquel tu ne peux riposter
A la manière d’une tombe à ciel ouvert,
Tu laisses s’affaler les gens, qui ont bien trop souffert

Nous avons tellement de point commun trottoir,
Les gens nous empreintent sans jamais nous voir
Nous menons d’un point à un autre
Un passage nécessaire, parmi tant d’autres

Pire encore, il arrive que l’on nous crache dessus
Des glaires aussi immondes que nos espoirs déchus
Dans ces moments là, y à pas à dire ça retourne les tripes
Et puis on va pas se mentir, c’est toujours les mêmes qui flippent

Tu aurais aimé être un trottoir des champs Elysées,
Faisant face à un passage clouté
Tu es un bitume de ruelle enlisée,
avec pour seul apparat une poubelle clouée

Lorsqu’on s’arrête sur toi on ne te regarde même pas
On lit le nom de ta rue et on presse le pas
Moi, il arrive qu’on me regarde mais rarement on s’arrête,
sinon pour me dire bonsoir la veille des jours de fêtes

Et dans ces yeux remplis de compassion illusoire
Je sens que même s’ils ont du mal à y croire
Ils ont compris que je connaissais bien ton âme trottoir
car c’est moi qui t’ai fait,
sans drame, dans le noir

• Staël •

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