≈ Fabienne Blas ≈

(JPG) Fabienne Blas travaille le masque depuis 1984, pour le Théâtre et le Carnaval.
Dernièrement, ses masques ont voyagé à Namur, dans le cadre du festival du théâtre forain, Grenoble, festival du théâtre européen, Avignon, Aurillac, festival du théâtre de rue, Hérisson, les Ullis, Reims, Ambert, Clermont-Ferrand, St Nazaire... là où les périples de la Cie des Champs les ont emmenés. Elle crée aussi des événements en exposant des familles de masques dans des lieux d’”Histoires”.
Parallèlement à la création de masques, diplômée du Carrée Sylvia Montfort de Paris en 1983, elle participe depuis une quinzaine d’années avec différentes compagnies théâtrales, à l’installation de jumelages et ateliers de pratiques artistiques en milieu scolaire en partenariat avec les DRAC et l’Education nationale, en région parisienne, Nord / Pas de Calais et Rhône-Alpes / Auvergne.

Bestiaire et Hommes Sauvages

Mes travaux récents sont largement inspirés des carnavals d’Europe : les hommes sauvages de Telfs en Autriche, les “Dracs” des Maramures en Roumanie, les animaux articulés de Slovénie, les Bouchos de Mohacs en Hongrie, les Kukeris de Bulgarie, les Sapeaurs de Schignano en Italie, les vieilles de chiffons en Moldavie... mais aussi la Pologne, la Suisse, la Belgique, le Portugal, la Sardaigne, la France avec ses Pailhasses de Cournonterral...
Tous ces personnages venus du dehors, sortis de la forêt, de la montagne ou du fleuve, envahissant le village ou la ville, au rythme du calendrier, venant accomplir leur tache saisonnière, tous ces personnages ont souvent envahi mon atelier et influencé mon travail. Avec ces nouvelles familles de masques, j’ai essayé de m’approcher un peu plus des techniques et matériaux traditionnellement utilisés dans les carnavals ruraux d’Europe.
C’est une recherche passionnante, ici, village de bergers, les masques sont en laine, là en écorce puisque les hommes sauvages de cette région sortent de la forêt, là encore en plumes représentant des oiseaux migrateurs qui dénoncent l’exode rural, ailleurs en fil et dentelles fabriqués par les femmes pour accueillir le printemps. Autant de signes à interpréter et qui rendent les matériaux utilisés évidents.
Donc cette fois, pas de latex, résine ou autre thermo-formable, mais de la peau, des écorces, de la paille, du tissu, du papier, du grillage, de la sciure de bois, du chanvre, de la cire...
Bien sûr, le masque doit rester léger et confortable, il sera porté et souvent mis à rude épreuve.
Je reste admirative devant ces chiffons trempés dans l’eau et la farine en Moldavie, peints très grossièrement au pouvoir d’expression extraordinaire ou devant les gros masques de bois très simples des Mamutones en Sardaigne.
“...le masque de théâtre fait rayonner le corps, le masque de carnaval le cache...” et lui permet d’être autre. C’est donc avec une autre approche, avec d’autres émotions, d’autres matériaux et d’autres gestes qu’il m’a fallu envisager ces nouveaux masques. Envisager aussi nos carnavals comme des fils invisibles, tendus le temps d’une saison, de la Sardaigne à la Pologne, de la Bulgarie à la Belgique, de l’Espagne à l’Autriche. De l’hiver au printemps, sur lequel déambulent des personnages qui avancent invariablement dans le même sens vers le renouveau.

Fabienne Blas

Contact : 04 71 23 90 90

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